Les chroniques d'Esther H

dimanche 6 novembre 2011

Shimon Peres : ''un raid israélien se rapproche''

Interviewé par la deuxième chaîne de la télévision israélienne pour savoir si une option militaire plutôt que diplomatique se rapprochait" pour régler la question du nucléaire iranien, Shimon Pérès a répondu: "Je le crois, je pense que les services de renseignement de tous ces pays regardent leur montre, préviennent leurs dirigeants qu'il ne reste plus beaucoup de temps" pour empêcher l'Iran de mettre la main sur l'arme atomique.
Le rapport que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s'apprête à publier, probablement mardi 8 novembre prochain, devrait prouver que l'Iran mène dans le domaine nucléaire diverses expériences ne pouvant se justifier que dans le cadre d'un programme militaire, dit-on dans les milieux diplomatiques occidentaux.
Les médias israéliens ont rapporté cette semaine que le Premier ministre Benyamin Netanyahou tentait d'obtenir un consensus de son gouvernement en vue d'une attaque ciblée sur les installations nucléaires iraniennes. Le journal Haaretz affirme dans son édition
du dimanche 6 novembre que les Etats-Unis ne sont pas parvenus à obtenir un engagement israélien clair selon lequel l’Etat juif ne mènera pas d’attaque surprise contre l’Iran.

le site Haaretz.com

L'annonce d'un deuxième plan d'autérité en France dans les prochains jours



Le gouvernement présentera dans les jours à venir un plan de rigueur de "6 à 8 milliards d'euros", qui sera intégré lors de la deuxième lecture du projet budget 2012. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, de retour du sommet de crise de l'Union européenne l'a confirmé, le 27 octobre dernier lors de son intervention télévisée.

Dans cette fin d'année marquée par la crise économique et les ambitions électorales, on imagine avec aisance que le gouvernement tentera de jouer l'argument de la "justice sociale" à travers notamment des mesures fiscales. Il serait en effet décidé que l'impôt sur les bénéfices des entreprises les plus importantes passerait provisoirement de 33% à 36%. Cette mesure rapporterait un milliard, soit un centième des profits du Cac 40.

Mais qui va donc payer le différentiel de ce plan de rigueur, les cinq à sept milliards restants ?

En analysant les annonces des dirigeants ces derniers jours, c'est sans effet de surprise que l'on peut affirmer que ce sont les travailleurs et les tailles dans les services publics qui pour l'essentiel règleront la facture.

Les mesures envisagées : 

Réduction des dépenses de santé :

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale prévoit une progression de 2,8% pour 2012. Ce taux pourrait être abaissé à 2,5% comme le soulignait le JDD du 30 octobre.

Hausse de la TVA

Le taux réduit actuellement à 5,5% apllicable notamment aux produits alimentaires, aux travaux dans les logements, à la restauration et à l'hôtellerie serait dans le collimateur pour passer à 7% , pour une partie au moins de ces catégories.


Gel des allocations familiales

Aucune augmentation au 1er janvier 2012. Valérie Pécresse, ministre du Budget l' a annoncé le 27 octobre dernier dans l'Hémicycle : les allocations familiales ne seront revalorisées que le 1 er avril 2012. Cela peut sembler dérisoire et pourtant ce décalage de trois mois devrait priver les familles françaises de 130 à  140 millions d'euros.

Diminuer les dépenses des collectivités locales

Le gouvernement envisagerait de contraindre les collectivité locales à limiter leurs dépenses pour un montant de 4 milliards d'euros. Leurs dotations, servies par l'Etat, ont déjà été diminuées de 200 millions par le précédent plan de rigueur d'août dernier.

Vu les prévisions de croissance à la baisse et la crise qui frappe notre pays,  ces mesures sont particulièrement injustes et inefficaces. D'autres mesures notamment la suppression du paquet fiscal voté en 2007 seraient plus appropriées dans une période de sinistrose économique.

Le paquet fiscal a démontré son inefficacité économique et a été dénoncé dans un rapport parlementaire dressant un bilan critique de la mesure sur les exonérations de charges sur les heures supplémentaires.
Nombreux experts notamment des syndicalistes l'ont noté très vite, cette mesure sur les heures supplémentaires n'a pas permis de travailler davantage  et de gagner plus, donc de consommer plus.

Par définition, la cible de la mesure sur l'exonération des heures supplémentaires est les salariés ou fonctionnaires qui effectuent des heures supplémentaires (c'est-à-dire des heures effectuées au delà de la durée légale qui reste fixée à 35 heures hebdomadaires ou 1607 heures par an).
ont été trop souvent exclus :
– les salariés pour lesquels il n'y a pas de décompte horaire du travail
et notamment les nombreux cadres ou les salariés ayant été considérés
comme tels dans les accords de branche ou d'entreprise. Pour ces salariés
bénéficiant de forfaits jours par an, la durée du travail se compte en jours
travaillés et non en heures travaillées. Les travailleurs indépendants, chefs de petites entreprises par exemple qui se paient sur les bénéfices réalisés et n'ont pas de décompte horaire du travail ainsi que les professions libérales.
Cette mesure a été une entrave à la relance du pouvoir d'achat. La promesse travaillait plus pour gagner plus n'a pas été tenue car beaucoup d'employeurs au moment de l'embauche présentaient et présentent toujours un salaire plus bas qu'auparavant tout en faisant miroiter un salaire bien supérieur grâce au double effet des heures supplémentaires : elles sont majorées et en plus elles donnent lieu à exonération d'impôt. Sans évoquer les employeurs beaucoup du Cac 40 qui n'ont jamais payé les heures supplémentaires.

Par ailleurs le relèvement du  taux de TVA réduit à 5,5% dans la restauration ou le bâtiment que pourrait décider le gouvernement, les taxes sur les mutuelles,  2,2 milliards en un an, et la hausse de la CSG pour les salariés, 600 millions,  vont amputer le pouvoir d'achat des classes moyennes et contribuera au contraire à aggraver la croissance.



Mobilisation générale pour le logement

 Fondation Abbé Pierre
Mobilisation générale pour le logement

Contrat social
Je signe la pétition

mercredi 2 novembre 2011

Pour les sans-abris: indignons-nous le 10 novembre prochain

Au XXIe siècle alors que les marchés financiers engrangent des milliards par jour, personne ne devrait perdre la vie sur les pavés des villes....

S'indigner par les livres c'est bien, par la rue c'est mieux !

Une pensée pour ce jeune couple qui a perdu son bébé ce matin dans la rue...


JOURNEE DE MOBILISATION A L’APPEL DES COLLECTIFS :
- La coordination nationale des professionnels de l’urgence sociale
- La Plateforme «Un chez-soi pour tous»
Pour la première fois, les sans logis mobilisés, les associations, les
salariés de l’urgence sociale, les syndicats, collectifs locaux et institutions
nationales se rassemblent pour faire entendre leur colère face au
mépris du gouvernement pour les lois qui protègent les plus fragiles.

Plus de 8 millions de personnes sont aujourd'hui en France sous le
seuil de pauvreté. Le contexte de crise économique accroît le nombre
de ménages en difficulté, les prix de l’immobilier n’ont jamais été aussi
élevés...
Alors que 84% des Français jugent insuffisante l’action
des responsables politiques en matière de logement, le gouvernement
communique sur sa politique du «logement d’abord» sans se donner
les moyens de la mettre en oeuvre.
L’association Droit au logement (DAL) a critiqué au début de l'année les chiffres 2010 du logement social avancés par le secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu, en demandant notamment que soient rendus des comptes sur le nombre de HLM effectivement livrés mais aussi détruits.

Le gouvernement a annoncé plus tôt jeudi que plus de 131.509 logements sociaux avaient été financés en 2010, qualifiant ce chiffre de « record absolu depuis 30 ans ».
Or, estime le DAL dans un communiqué, « chaque année, les ministres du Logement nous font des annonces démagogiques sans qu’il soit possible de vérifier, quelques années après, combien de logements HLM ont été réellement livrés ».
« Concrètement, il faut instaurer la traçabilité des financements HLM : c’est-à-dire que l’on puisse connaître 3, 4 ou 5 ans plus tard avec quels budgets ont été réalisés les logements sociaux livrés, et leur nature », demande l’association.
Par ailleurs, déplore le DAL, « cette annonce fait très certainement abstraction du nombre de logements sociaux qui ont été démolis, vendus, ou dont l’affectation a changé », et « ne détaille pas non plus la nature des logements sociaux ».
L’association réclame ainsi « la transparence sur la production des HLM en France », « des aides conséquentes pour les construire, au lieu de subventionner les spéculateurs », et « l’utilisation de 100% de l’épargne populaire à des fins sociales et d’intérêt général, notamment un nombre élevé et réel de logements sociaux ».

 Aussi aujourd’hui, près de 700 000 personnes sont privées de domicile
personnel, les lois en matière de droit et d’accès au logement (DALO,
SRU…) ne sont pas respectées, et le secteur de l’hébergement d’urgence
et d’insertion est délaissé, au mépris des individus et du code
d’action sociale qui affirme pourtant le droit à l’accueil inconditionnel
pour toute personne qui en exprime le besoin.
Face à cette situation inhumaine pour tant d’hommes, de femmes et
d’enfants, et en réponse au cynisme du gouvernement qui refuse de
considérer la gravité et l’urgence de la situation une mobilisation citoyenne est prévue

J E U D I 1 0 N O V E M B R E :
- 1 4 H  D E V A N T  L E S É N A T - manifestation
- 19H PLACE DES DROITS DE L’HOMME - rassemblement
à Paris mais aussi partout en France, afin de faire entendre les revendications suivantes :
- La mise en oeuvre du droit à l’accueil inconditionnel de toute personne sans-abri, toute l’année
et avec des moyens adaptés aux besoins, jusqu’au relogement.
- La garantie d’un accompagnement social global proposé aux personnes qui en ont besoin, et
la participation des personnes mal logées à l’élaboration des politiques qui les concernent.
- Un moratoire sur les expulsions et la prévention de toutes les formes
d’exclusion
- L’application de la loi DALO, et un plan d’urgence pour le relogement rapide
des prioritaires DALO, des sans logis en campement de mobilisation, en habitat de fortune, ou à la rue
- La mobilisation des logements et locaux vides
- Contre le logement cher : une vraie régulation des loyers, de l’immobilier
et du foncier pour rendre le logement accessible à tous, la réalisation massive de logements
sociaux et l’abandon des mesures qui fragilisent la vocation sociale
des HLM.
JEUDI 10 NOVEMBRE - 14H DEVANT LE SÉNAT
15 rue de Vaugirard Paris 6è, M° 4 et 10 «Odéon» ou RER B «Luxembourg»
1 9 H  S U R  L A P L A C E D E S D R O I T S D E L ’ H O M M E

M° 6 et 9 «Trocadéro» PROGRAMME DE LA MOBILISATION À PARIS

14h : Marche organisée par le Collectif des Associations Unies et le collectif
«Urgence un Toit», en direction des plus hautes institutions de la République, pour interpeller
le Sénat, l’Assemblée nationale, le Conseil économique et social, et arriver Place des Droits
de l’Homme. Les associationsdemanderont la mise en oeuvre en urgence de
réformes ambitieuses pour sortir notre pays de la violente crise sociale qu’il traverse.

19h : Rassemblement «un toit pour tous» sur la Place des Droits de l’Homme, au Trocadéro
20h : Nuit blanche à l’initiative du collectif «Urgence un Toit» sur la Place des Droits de l’Homme.
Repas solidaire, spéctacles de rue et autres animations,
témoignages, installation
du bivouac, petit déjeuner solidaire …
Pour plus d’informations : http://collectifurgenceuntoit.over-blog.com

lundi 3 janvier 2011

Hongrie : La presse muselée et le silence accablant de la France


Depuis le 1er janvier de cette nouvelle année 2011, la Hongrie a succédé glorieuse à la Belgique à la présidence de l'Union européenne.
Depuis ce même glorieux 1er janvier, une loi ignoble du gouvernement conservateur de Viktor Orban s'abat sur la presse hongroise et menace son indépendance et sa liberté. Depuis plus de six mois, les journaux se mobilisent vivement contre cette réforme des médias.
Désormais, la télévision par satellite Duna et l'agence de presse nationale seront rassemblées dans la même entité.
Le dirigeant,-ne faudrait-il pas comprendre censeur ?- sera directement nommé par le Premier ministre pour une période de neuf ans.

 Journalistes muselés...

Comme l'explique la version en ligne de 168 Ora online , http://www.168ora.hu/itthon/, un magazine web d’opposition, un journaliste invité à la radio nationale Kossuth, la semaine dernière, aurait été interdit de s'exprimer à l'antenne après avoir voulu observer une minute de silence pour protester contre cette loi qu'il considérait comme une entrave d'une extrême gravité contre la liberté de la presse.
Après un bref débat avec le présentateur, l’émission a été interrompue avant de reprendre, sans son invité.
« En tant que démocrate, j’ai pensé que je devais utiliser tous les forums possibles pour témoigner en faveur de la liberté de la presse », a déclaré  le journaliste à 168 ora.

Depuis, d'après les informations récoltées auprès de plusieurs contacts hongrois, plusieurs journalistes auraient déjà vécu cette situation à la radio. Muselés pour avoir voulu simplement observer  une minute de silence en signe de protestation ou critiquer cette réforme, qui permet ainsi au gouvernement hongrois de mettre son veto sur les médias hongrois.  Il y a un peu plus de deux semaines, un des analystes politiques les plus illustres du pays, Peter Tolgyessy, avait  refusé de continuer son émission politique à la radio nationale, après qu’on ait désigné un analyste proche du Fidesz, le parti au pouvoir, pour faire l’émission conjointement avec lui.
Comme l'explique un site hongrois jfb : "Les organes de presse devront être enregistrés auprès de l’autorité centrale des médias, condition ferme de la licence de publication, pesant même sur les médias électroniques et sites informatifs. C’est de cet enregistrement, qui, en tant que condition de fonctionnement, est finalement un outil implicite de censure politique, que la sanction la plus lourde de la MNHH peut priver les organes de presse abusant de la loi. Le budget de la MNHH, s’élevant à 29,3 Milliards de HUF, prévoit ainsi de comptabiliser 150 millions de HUF d’amendes en 2011.Un montant si élevé que le marché des journaux à caractère politique risquerait d’être mis en péril et qui pourrait causer leur possible insolvabilité. "
Une loi sans précédent dans l'Union européenne...

Cette loi, sans précédent, prévoit des amendes en effet pouvant aller jusqu’à 730.000 euros pour des chaînes de radio ou de télévision en cas « d’atteinte à l’intérêt public, l’ordre public et la morale », ou encore des « informations partiales », sans que pour autant que les règles soient clairement définis. L’adoption de la loi sur la «liberté de la presse et les normes de base des contenus médiatiques», qui centralise les services d’information et les médias publics, comme MTV, DunaTV et la Radio Hongroise (MR). Outre les chaînes publiques, la nouvelle législation porte sur l'ensemble des médias hongrois, de la presse écrite aux portails Internet et prévoit l’introduction d'amendes pour tout abus de communication de «fonds équilibrés», comme le stipule le texte adopté.
La loi peut également forcer les journalistes à révéler leurs sources sur des questions liées à la sécurité nationale. Le gouvernement hongrois qui entend organiser le « juste équilibre » de l’information n’a, par ailleurs, pas jugé bon de respecter, lui-même, ce principe lors de la nomination des membres du Conseil qui appartiennent tous au parti majoritaire Fidesz. L’opposition est curieusement absente de cet organe.
 Un nouveau système qui permet une surveillance politique en continu des informations et nouvelles diffusées, comme le souligne certains commentateurs, qui voient là "la mise en place d’un système de propagande orange".

Les syndicats des journalistes à travers l'Europe et en France, de nombreuses organisations de défense des droits de l'homme ainsi que l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), sont inquiets des répercussions de cette loi sur l'indépendance de la presse hongroise, d'autant que les cinq membres du nouveau Conseil des médias (MT) sont tous membres du Fidesz.
L’Allemagne, elle aussi, a fait savoir qu'elle se préoccupait de cette réforme des médias, qui va permettre aux autorités de contrôler le contenu des organes de presse.
Malgré les récriminations de l’étranger, le gouvernement hongrois affirme avec une assurance certaine qu’il n’a nullement l’intention de modifier sa loi.« Il est hors de question de changer cette loi ! », a rétorqué le Premier ministre hongrois, Viktor Orban.

Comme en témoigne notre confrère RFI, "Cette mise au point s’adressait d’abord au ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle. Ce dernier, après un entretien avec son homologue hongrois, avait laissé entendre que la loi pourrait être révisée. L’Allemagne n’est pas le seul pays européen à avoir critiqué l’initiative de Budapest. Le Luxembourg, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, s’est demandé si la Hongrie est encore digne de présider l’Union européenne à partir du 1er janvier 2011. "

« La Commission attache une valeur très importante à la liberté de la presse et au pluralisme des médias et nous suivons cette affaire de très près », a répondu simplement à l'AFP Alejandro Ulzurrun de Asanza y Munoz, porte-parole. Le silence de la Commission européenne si, il persistait en dirait long sur l'axe idéologique des partis conservateurs, PPE (Parti populaire européen) et libéraux, ADLE (Alliance des  démocrates et des libéraux pour l'Europe), majoritaires dans l'Union. L'Europe ne peut sérieusement fermer les yeux sur cette loi et rester sans réactions. 
Le groupe des Verts au Parlement européen a demandé lui  à la Commission et aux autres gouvernements de l’UE d’exiger son retrait. Le Parti socialiste français appelle les parlementaires européens à faire pression sur le gouvernement hongrois pour le forcer à reculer. Les socialistes comme le note Jean-Christophe Cambadélis :  "apportent leur soutien aux progressistes hongrois, notamment aux camarades du MSzP et à tous ceux qui luttent dans le monde pour une presse libre et indépendante".
 
La France  trahit ses fondements démocratiques en se taisant de la sorte...

Depuis son adoption le 21 décembre, d'aucuns attendaient une réaction officielle de la France sur cette loi... Elle a été édifiante et  représentative finalement des dérives du gouvernement Sarkozy contre la presse. Pendant donc, que les journalistes sont sous le coup d’une menace inédite depuis le retour de la démocratie, il y a vingt ans, le "pays des droits de l'Homme", la France du président Sarkozy " refuse de condamner la loi hongroise sur les médias par peur d'attiser le populisme".
Le ministre délégué aux Affaires européeennes, Laurent Wauquiez, estime "que la France n'a pas à intervenir sur la question des la réforme des médias en Hongrie", rapporte Jean Quatremer sur son blog.
Wauquiez, brillant et exemplaire élève du gouvernement Fillon pense lui, coquelin ou complice, que le gouvernement hongrois est "prêt à faire des adaptations".
Vu les circonstances dont la  loi vient d’être promulguée, il est difficile d'imager que Viktor Orban et son gouvernement soutenu, il ne faut pas l'oublier, par une extrême droite de poids, viennent à faire des concessions à la requête de quelques pays membres de l’Union.
Incontestablement la profession s’est indignée via des communiqués de la part des syndicats de journalistes hongrois et quelques publications qui ont publié page blanche en signe de protestation. Toutefois, en dehors d’une élite de gauche déchue de son pouvoir, quelques mouvements étudiants, jamais l’opinion publique ne s’est émue de cette réforme. 

La France ne trahit-elle pas ses fondements démocratiques en se taisant de la sorte face aux atteintes faites à la presse hongroise ?
Selon plusieurs associations de journalistes la liberté d'expression serait en recul en Hongrie.
Le Président Sarkozy, faut-il le rappeler, a mené depuis quatre ans plusieurs entreprises pour dompter à sa façon la presse. La liberté d'expression selon le dernier rapport de Reporters sans frontières est en recul, en France aussi.

 Manipuler, museler, avoir sous sa coupe les journalistes, ceux qu'un certain président prénomme "pédophiles", pour gouverner sans reproches et mener à bien sans embûches politique populiste, économie néolibérale et petits arrangements, sont-elles d' irrésistibles tentations pour la France du président Sarkozy ? Les pays européens devraient prendre garde à cette montée du populisme et à ses dérives autoritaires et se poser une seule question:
Un Etat où la presse est « sous contrôle » est-il encore digne d'être baptisé Démocratie ?

Esther H.



Repérage : Carte des élections européennes, conservateurs et libéraux dominent...

http://www.touteleurope.eu/fr/organisation/etats-membres/les-etats-membres-en-quelques-mots/presentation/carte-des-elections-en-europe.html


Quelques récentes dérives de la présidence Sarkozy qui menacent l'indépendance de la Presse

Reporters sans Frontières 
  
Loppsi : danger


Le filtrage du Net, sans décision judiciaire, avalisé par l’Assemblée nationale : http://fr.rsf.org/france-le-filtrage-du-net-sans-decision-17-12-2010,39076.html

Plainte

Claude Guéant et Bernard Squarcini poussent une longue plainte http://fr.rsf.org/france-claude-gueant-et-bernard-squarcini-12-11-2010,38811.html

Ordinateurs et données informatiques se volatilisent dans les rangs d’une presse trop curieuse de l’affaire Woerth/Bettencourt http://fr.rsf.org/france-ordinateurs-et-donnees-27-10-2010,38689.html

Les forces de l’ordre doivent respecter le droit du public à l’information http://fr.rsf.org/france-les-forces-de-l-ordre-doivent-22-10-2010,38644.html

La plainte du Monde http://fr.rsf.org/france-les-forces-de-l-ordre-doivent-22-10-2010,38644.html


Mauvaise colonne pour les pigistes au Groupe l'Express-Roularta

A gauche un extrait du vrai bulletin de salaire d'un pigiste du groupe l'Express-Roularta. La prime d'ancienneté est due aux pigistes en application de la Loi Cressard qui considère tout pigiste régulier comme un journaliste en CDI couvert par la Convention collective des journalistes. Mais au Groupe Express-Roularta, par un malin hasard, cette prime ne figure pas dans la colonne « montant à ajouter » mais dans la colonne... « désignation ». Résultat: l'ordinateur ne rajoute pas la prime d'ancienneté au salaire de base ; la « P.ANC.PIG. » flotte comme un libellé, enfreignant ainsi toutes les règles de paie et du code du travail. A droite votre bulletin de salaire, tel que vous auriez dû le recevoir. La différence ? Le montant de la prime d'ancienneté elle-même qui est simplement non payée. Depuis des années.

express_paie_pigistes.jpg

La direction du Groupe l'Express-Roularta estime que la Loi Cressard n'a plus lieu d'être appliquée. Les employeurs de presse n'ont-ils pas fait signer par la CFDT, au niveau national, en début d'année un «protocole d'accord pigistes» récusé par tous les syndicats, remettant en cause les principes de cette même Loi Cressard ? En introduisant un statut particulier pour les pigistes ce pseudo-accord sépare ces journalistes déjà précarisés du reste de la profession. Et, bien entendu, en matière d'ancienneté de nouvelles règles qui sont plus défavorables leur seraient imposées. D'abord à eux et ensuite aux journalistes en poste? Mais le Groupe Express-Roularta qui vient de prendre la direction du syndicat de la presse magazine, n'applique même pas non plus les clauses minimalistes de l'accord au rabais! La direction de GER n'applique pas la loi Cressard, n'applique pas le Code du Travail, n'applique rien sinon sa propre loi. FO s'est une nouvelle fois adressé à la direction. Il n'est pas trop tard pour rectifier la situation des pigistes. Il faut que cela cesse et que les salaires soient payés. FO qui rencontre l'Inspection du travail en aout, a pris contact avec tous les syndicats de l'Express-Roularta, afin que l'unité la plus large se fasse sur ce dossier: paiement des primes d'ancienneté!

(source: SGJ-FO/section GER)

dimanche 12 décembre 2010

Rémunération des journalistes, Droits d'auteur..., Des milliers d’euros détournés chaque année par des employeurs de presse


" href="http://www.mediapart.fr/club/blog/esther%20H">esther H

De nombreux journalistes pigistes, débutants ou expérimentés, titulaires ou non de la carte de presse, sont rémunérés sous le régime des droits d’auteur ainsi aussi depuis quelques temps comme autoentrepreneur. Les syndicats des journalistes, notamment le Syndicat général des journalistes FO (SGJ FO) dénonce ces pratiques de plus en plus courantes.

Les entreprises de presse et d'audiovisuels n'hésitent pas à payer les journalistes en droits d'auteur AGESSA ou comme autoentrepreneur en sachant que ce mode de rémunération est totalement illégal. Des milliers d’euros sont ainsi détournés chaque année par des employeurs de presse.

Décryptage

Le régime droits d’auteur est géré par l'Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs (Agessa). Ce régime concerne les personnes qui exercent des activités littéraires et artistiques : écrivains, cinéastes, compositeurs, peintres illustrateurs.
Il est important de noter que ce régime social est très avantageux pour l'employeur à savoir que sur la rémunération brute dudit auteur, l'Agessa prélève environ 10% de cotisations sociales. L'employeur de son côté est assujetti à une contribution de seulement 1%...
La raison qui motive les éditeurs de presse écrite ou en ligne de rémunérer les journalistes pigistes de la sort est plus qu'évidente.

Journaliste, écrivain, quelle différence


Un journaliste selon le code du travail est un salarié, et ne peut en aucun cas et d’aucune manière s’affilier à l’Agessa dans l’exercice de sa profession. Son statut social relève du régime général des salariés (Urssaf) comme nous l’avons vu plus haut.

En revanche, de nombreux employeurs détourne le droit car il est beaucoup plus avantageux de verser 1% (part patronale) et 10% (part salariale) soit à l’Agessa que de s’acquitter de plus de 20% de cotisations salariales et patronales dues à l’Urssaf, au titre du régime général des salariés qui s’applique obligatoirement aux journalistes.

Par ailleurs, l’Agessa n’est pas très stricte sur l’activité réelle de l’employeur. Ce dernier peut s’y inscrire aisémentsans aucune difficulté et ainsi disposer d’un numéro de référence qui lui permettra d’accomplir ses déclarations sociales.

En revanche, les formalités sont beaucoup plus complexes pour l’auteur qui doit lui-même s’affilier à l’Agessa en remplissant un dossier très complet dans lequel il est obligé de détailler ses activités,ses revenus, ses déclarations fiscales…

Un journaliste déclaré comme auteur au Agessa n'a aucune protection sociale !!!


Il est déplorable de constater que de nombreux employeurs usent de cette méthode ce qui contribue à la précarisation grandissante des journalistes pigistes : rémunération au rabais (pas de 13e mois, pas de congés payés…), absence de couverture sociale (puisque le journaliste ne peut s’affilier à l’Agessa), fin de collaboration du jour au lendemain, aucunes indemnités de licenciement, pas d’allocations chômage…

Seul le tribunal des prud'hommes peut apporter une solution, mais beaucoup de journalistes pigistes hésitent voire renoncent à saisir la juridiction vu les délais souvent très long (18 mois en première instance pour le tribunal de Paris)... En attendant il faut vivre et payer ses charges...

l'agessa explique d'ailleurs dans une note datant du 10 août dernier


Les activités littéraires et artistiques exercées dans la presse

Ne relèvent pas du champ d’application du régime de sécurité sociale des auteurs :


Les journalistes professionnels et assimilés

Est journaliste professionnel, celui qui a pour « activité principale, régulière et rétribuée, l’exercice de sa profession dans une ou plusieurs entreprises de presse, publications quotidiennes et périodiques ou agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources » (article L 7111-3 du Code du travail). Est également considérée comme telle, la personne qui exerce sa profession dans une ou plusieurs entreprises de communication au public par voie électronique (article 7111-5 du Code du travail).


Les sommes versées à un journaliste professionnel ou assimilé doivent être qualifiées de salaire, et ce, quels que soient le mode et le montant de la rémunération, ainsi que la qualification donnée à la convention par les parties à leurs relations de travail. Cette présomption est posée par :


le Code de la Sécurité sociale (articles L 311-2 et L 311-3-16e) : « sont obligatoirement affiliés au régime général, et même s’ils sont titulaires d’une pension, les journalistes professionnels et assimilés ».
- le Code du travail (article L 7112-1) : « toute convention par laquelle une entreprise de presse s’assure, moyennant rémunération, le concours d’un journaliste professionnel est présumée être un contrat de travail.

Peu importe que la personne concernée soit ou non détentrice d’une carte de presse.

- Les collaborateurs réguliers

Des bulletins de paie doivent également être établis au profit des personnes qui apportent une collaboration marquée par une grande régularité généralement liée à la périodicité de la publication. (…) La jurisprudence recherche généralement l’existence ou non d’un lien de subordination.

Celui-ci est caractérisé par « l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements de son subordonné ». Précisons que « le travail au sein d’un service organisé peut constituer un indice du lien de subordination lorsque l’employeur détermine unilatéralement les conditions d’exécution du travail. » (...)

Relèvent du champ d’application du régime de sécurité sociale des auteurs

Toute personne n’ayant pas la qualité de journaliste professionnel et dont la collaboration reste occasionnelle, peut être rémunérée sous forme de droits d’auteur si elle crée, en dehors de tout de lien de subordination, une œuvre de l’esprit originale. (…)

Il est clair qu'un journaliste exerçant sa profession, qu’il soit ou non titulaire de la carte de presse, ne peut en aucun cas être rémunéré sous le régime des droits d’auteur (à l’exception de certains journalistes photographes, mais dans un cadre très précis).

Une question se pose tout de même : Pourquoi l'Agessa encaisse-t-elle des cotisations indûment versées par des éditeurs de presse qui détournent le droit ?

Il est aussi important de souligner que rémunérer en droits d’auteur un journaliste exerçant sa profession peut relever de la fraude aux cotisations sociales au détriment de l’Urssaf et relever également du travail dissimulé [1]

Rémunérer sous le régime de l’Agessa permet aux employeurs de détourner le système : payer moins de charges et l'avantage majeur virer un pigiste sans risquer un procès.

Quand ce n'est pas la formule Agessa qui est retenue, le nouveau statut d'autoentrepreneur, plébiscité par le gouvernement sarkozy, semble séduire également chez les DRH des groupes médias.

Ainsi des centaines de milliers d’euros sont détournés chaque année par des employeurs peu scrupuleux du droit, creusant un peu plus les déficits des comptes sociaux !!

[1] passible d’une peine de trois années d’emprisonnement et 45.000 € d’amende, outre les sanctions civiles et les redressements que les organismes sociaux notifieront à l’employeur.

Avec Yves Barraud


Pour toute info complémentaire et tout témoignage : contact estherhpresse@gmail.com

mardi 20 avril 2010

VSD : 10 journalistes sacrifiés !



Société des journalistes de VSD
Intersyndicale Prisma Presse CGT-SNJ -FO

Après VSD, à qui le tour ?

 8 avril 2009 • La farce tranquille
Une nouvelle formule « haut de gamme » conçue pour VSD par Jacques Séguéla et Denis Jeambar est lancée par l’éditeur Philippe Labi, sans aucune concertation avec la rédaction, ni tests préalables. L’un des éléments phares de cette « modernisation » est la disparition du logo historique du magazine (arc-en-ciel).

Bilan : un mois après ce lancement, la diffusion tombe à 100 000 exemplaires vendus en kiosques. Six mois après, la diffusion chute sous ce seuil symbolique (moins 25 % en un an).
 13 octobre 2009 • Iceberg droit devant !
Devant l’effondrement des ventes, la Société des journalistes de VSD demande un bilan
de l’échec de cette nouvelle
formule. En vain.
 1er décembre 2009 • Zéro coût pour zéro idée
Pour répondre à la crise, l’éditeur annonce la suppression de 20 pages rédactionnelles, remplacées par des grilles de programmes télé réalisées par Prisma TV. Cette « nouvelle-nouvelle formule » est repoussée à la quasi unanimité de la
rédaction, qui adresse une motion de défiance, dénonçant ce projet low cost, à la direction générale Rolf Heinz et Pierre Riandet.
Face à la vacuité du projet présenté, une partie de la rédaction s’attelle à l’élaboration d’un projet éditorial alternatif, qui prend en compte les impératifs économiques pour affirmer l’identité originale de VSD, dissoute ces dernières années.
 18 décembre 2009. VSD amputé
La direction annonce au CE que cette reconfiguration éditoriale est adossée à un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi),
prévoyant 13 suppressions de postes (sur 49 CDI). En résumé : la direction externalise 20 % du contenu rédactionnel
pour pouvoir supprimer 25 % des effectifs permanents.
Le CE mandate un expert sur le projet économique et éditorial de la direction.
 26 mars 2010 • Dialogue de sourds
L’expert présente son rapport au CE et propose, en s’appuyant sur le projet de la rédaction, un modèle éditorial ne prévoyant que 5 suppressions de postes.
 2 avril 2010 • La direction répond par la nomination d’un rédacteur en chef à mi-temps (également rédacteur en chef de Télé-Loisirs), le remplacement du directeur artistique par un Directeur artistique à mi-temps (DA de Voici) et le maintien du PSE
avec « 10 à 12 » pages livrées par l'agence TV du groupe, PTV, et 10 suppressions de postes.

Le positionnement éditorial est toujours aussi flou. Aucune date
de sortie n’est fixée pour cette nouvelle-nouvelle formule faite de bric et de broc.
 6 avril 2010 • VSD en grève
Après quatre mois d’échanges et de propositions, face à l’inflexibilité de la direction, les salariés votent majoritairement la grève le 6 avril. Reconduite le 9 puis le 12 avril.
Aujourd’hui, VSD est en première ligne. Mais ce que nous subissons préfigure la
politique générale d'une direction, fondée uniquement sur les coûts au mépris de la
qualité éditoriale.
Une politique qui se caractérise par une mutualisation à marche
forcée et une dégradation générale des conditions de travail.

samedi 19 décembre 2009

Prisma presse : nouveau plan social, salariés et syndicat inquiets


Le groupe Prisma a annoncé un nouveau plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) à VSD après le comité d'entreprise exceptionnel vendredi 18 décembre. "Treize postes (sur une cinquantaine) sont concernés par ce PSE, qui reposera sur des départs volontaires", précise un représentant du CE. Cette annonce intervient deux mois à peine après la clôture d'un premier PSE ayant conduit à 45 départs. Malgré le lancement d'une nouvelle formule en avril 2009, le groupe ne parvient pas stopper "l'érosion des ventes (-10 % au premier semestre, DSH OJD juin 2009 : 159 200 exemplaires)".

Vendredi matin devant le siège social de la rue Daru, à Paris, les salariés soutenus par les syndicats SGJ-FO, SNJ, CGT, sont inquiets et en colère. Il reproche à la direction et à l'éditeur des pôles Actualité-People et Télévision, Philippe Labi, une mauvaise gestion du titre VSD.

"Il n'y a eu aucune concertation des équipes pour le lancement de la nouvelle formule de VSD, et maintenant ce sont les salariés qui vont payer les erreurs de la direction, et de l'éditeur c'est un scandale", lance un journaliste.


"VSD complétera son offre éditoriale avec une formule enrichie qui verra le jour début 2010. Le nouveau projet éditorial de l'équipe de VSD vise à accentuer ses points forts et sa différenciation pour les lecteurs et les annonceurs du secteur.", note la direction de Prisma Presse.

Les trois piliers du titre, info, week-end et loisirs vont être renforcés avec une sélection de télévision.

Prisma Presse, qui est le premier diffuseur de presse télé en France, envisage donc de développer dans l'hebdomadiare, une sélection d'une vingtaine de pages réalisées avec le concours Prisma TV, rédaction interne spécialisée dans l'actualité de la télévision et la réalisation des grilles de programmes.

Le CE d'entreprise de l'UES Prisma Presse s'inquète du plan de sauvegarde de l'emploi mis en place par l'entreprise qui va toucher, en premier temps, les salariés de VSD.

Ce plan de réduction des effectifs est le troisème dans le groupe en 2009.

L'intersyndicale FO, CGT, SNJ pense que "ce projet, loin de soutenir et de garantir la perennité du titre, va amoindrir, en introduisant les grilles de programmes télévisés, le contenu rédactionnel et l'intérêt du titre. Affaiblir les effectifs contribue à affaiblir la ligne éditoriale."

"De plus, les grilles de programmes que la direction envisage d'insérer dans VSD, seront fournies par la rédaction de Prisma TV, une rédaction déjà à flux tendu", déclare un syndicaliste.

"La rédaction de PTV vient de subir une réorganisation au mois de novembre 2009 et les salariés de cette rédaction vivent mal ces changements. Les syndicalistes et les élus ont été contactés ces dernières semaines par des salariés en souffrance, qui se plaignent des conditions de travail et de certaines irrégularités au Code du travail. Nous avons d'ailleurs alerté le CHSCT", ajoute une élue.

Le mécontentement semble donc général chez Prisma Presse. Le 2 décembre dernier, la rédaction du magazine VSD a voté "le principe d'une motion de défiance" et adressé une ""lettre ouverte" au gérant de Prisma Presse Rolf Heinz ainsi qu'au directeur général Pierre Riandet" pour s'opposer à ce projet éditorial destiné à relancer le titre. Selon la Société des journalistes de VSD et l'intersyndicale FO-SNJ-CGT, "ce projet low cost d'un contenu éditorial au rabais" est en contradiction "absolue avec la volonté de "monter en gamme" mais aussi totalement contraire avec l'impératif de gagner de nouveaux lecteurs".

La direction semble insinuer que les treize postes "sacrifiés" sauvegarderont l'emploi dans l'entreprise.

Les syndicats affirment eux"que ces mesures ne sauvegarderont en rien l'emploi, mais aggravera la situation de VSD en réduisant son intérêt pour les lecteurs et aggravera le stress et les conditions de travail à Prisma TV".

Insatisfait par ce plan, le comité d'entreprise a décidé de consulter ses experts (comptable et avocat) pour avoir une juste appréciation sur la qualité et la quantité des documents fournis par la direction.

Affaire à suivre...

Parachute doré à Prisma Presse

Fabrice Boé l'ancien patron négocierait un parachute doré de 3 millions d'euros. Alors que l'entreprise de presse est touchée par un plan social, l'ancien patron Fabrice Boé empocherait 3 millions d'euros sur le dos des salariés...



Les délégués syndicaux FO et CGT ont appris en début de semaine que Fabrice Boé, qui a quitté ses fonctions de gérant-président chez Prisma Presse depuis le 1er octobre 2009 et qui devait être rattaché à la direction de Gruner + Jahr, maison-mère de Prisma négocierait son départ pour une prime de 3 millions d'euros alors qu'un guichet de départs volontaires (45) est ouvert encadré dans le cadre d'un PSE, que tous ces postes ne seront pas remplacés renforçant les conditions de travail de plus en plus difficiles pour les rédactions.

Ce prochain départ intervient alors que Prisma Presse sous la direction de Fabrice Boé a vu son résultat opérationnel être divisé par deux au premier semestre, à 55 millions d'euros, après une chute de 20% des recettes publicitaires sur les cinq premiers mois de l'année. Ah, la crise ! Elle a bon dos et n'a pas le même impact pour tout le monde.


Monsieur Boé qui pendant toute l'année n'a cessé de répéter "que les efforts d'économies engagés permettraient de limiter la baisse de résultat pour l'année 2009" n'aurait donc aucune objection désormais pour empocher sur le dos des salariés 3 beaux millions d'euros...


Rappelons que Prisma Presse à engager un plan de 45 départs volontaires (licenciements économiques encadrés par un PSE) portant sur les activités internet, marketing et publicité.


Par ailleurs, Fabrice Boé a été confronté cette année à un conflit social né du déménagement de Prisma Presse.
Alors qu'il souhaitait installer le groupe à Asnières, il a dû changer de lieu en raison d'un fort mouvement de protestation des salariés, des syndicats et des menaces de grèves, pour retenir une installation à Gennevilliers, prévue pour la fin 2010. En outre, le lancement du mensuel Femmes, en 2008, rencontrerait un succès mitigé.

Une prime "dorée" de 3 millions d'euros est un scandale dans le contexte actuel ! Cette année pendant les négociations sur les salaires lorsque les syndicats ont demandé 100 à 150 euros d'augmentation notamment pour les plus petits salaires la direction a répondu : " qu'en période de crise une pareille demande était immorale"...

Force est de constater en effet que nous n'avons pas tous le même niveau de morale, ça c'est sûr !

La nouvelle se confirmant le syndicat FO et le syndicat CGT appellent les salariés à des rassemblements devant la direction, à Paris.

lundi 6 avril 2009

Démocratie malade ou quand l’indépendance de la presse est bafouée


Dans l’histoire de notre démocratie, rarement l’un des droits fondamentaux des citoyens, à savoir l’accès à une information de qualité, intègre, pluraliste et indépendante, n’a autant été menacée. La situation désormais est grave.

Force est de constater que les exemples ne manquent pas ; La mainmise sur les médias de quelques grands industriels, Lagardère, Bolloré, Bouygues… , dont les liens avec le pouvoir en place ne sont plus à démontrer, est une situation quasi unique en Europe et intolérable pour la bonne santé de notre démocratie et pour l’exercice de notre profession, défiée par ces nouveaux patrons de presse pour qui seule ne compte rentabilité et profit.


L'heure est aussi à la concentration. A la création de groupes intervenant à la fois dans la presse quotidienne, nationale et régionale, la télévision (Bolloré), les radios et le secteur numérique : sites internet… et dont les intérêts commerciaux d’activités parrallèles ne sont pas négligeables.



TF1, par exemple, contrôlée par Bouygues, est en position dominante, représentant plus du tiers de l’audience totale de l’ensemble des chaînes de télévision en France. Le groupe Bouygues dépend de contrats d’Etat, de collectivités locales, dans ses activités de bâtiment, de construction.

Le groupe Lagardère contrôle en propre cinq chaînes de télévision et produit et distribue des programmes pour la télévision. Lagardère dépend de commandes de l’Etat dans le domaine de l’armement.


La concentration connaît la même ampleur dans le secteur de la presse écrite :

Lagardère, également présent dans l’armement, a aussi une position dominante dans la presse au travers de Hachette-Filipacchi (Paris-Match, Elle, le Journal du Dimanche…), Bernard Arnault et les Echos…

Comment garantir l’objectivité totale de ces titres au regard des agissements des opérateurs du CAC 40, et les accointances affirmées des principaux patrons de presse avec le pouvoir politique en place.


En outre dans la plupart de ces entreprises de presse, la diminution des coûts est le seul critère qui vaille, le dumping social l’outil de référence.

Alors au fil du temps, les titres sont fermés et de nombreux emplois de journalistes supprimés. Restructurations et plans sociaux se succèdent à un rythme infernal.

Pour les journalistes qui survivent dans les rédactions, les pressions sont énormes. La censure s’imposant de plus en plus brandissant pour unique défense les contraintes commerciales. Ce vent néolibéral qui souffle sur la presse française accable notre profession et met en danger notre démocratie et ses fondements.

Nous devons farouchement défendre le pluralisme ménacé par ces mêmes propriétaires, défenseurs de la pensée unique, qui concentrent entre leurs mains la majorité des médias français.




Les journalistes n’ont aucune vocation à diffuser une information, un message au profit d’un groupe d’intérêt. L’information ne doit en rien se confondre avec communication voire propagande, nos titres ne sont pas des « marques ».

Le Conseil de l’Europe invitait au début des années 2000 les « Etats membres a encourager les médias à renforcer l’indépendance éditoriale et d’autres moyens d’autorégulation. » Il a lui-même affirmé que « l’exercice libre et sans entrave des libertés journalistiques est vital pour la libre formation des opinions et des idées ».

mardi 31 mars 2009

Les mauvaises raisons d'un succès de librairie, par Eric Marty

Tout le monde se souvient de quelques énoncés qui, jadis, firent scandale : selon une rumeur venue d'Europe, les chambres à gaz n'avaient jamais existé, selon une autre, émanant du monde arabe, le Temple juif de Jérusalem était une invention des colons sionistes, malgré son attestation par le Coran décrivant Jésus y priant "debout".

Mais avec le siècle qui vient, et qui s'annonce comme redoutable, on aura compris que ces négations-là ne relevaient que du détail. Le livre de Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé : de la Bible au sionisme (Fayard, 2008), règle la question de manière définitive. Le peuple juif n'existe pas : divine surprise !

Inutile de faire l'apprenti chimiste pour déclarer l'innocuité du Zyklon B, inutile de jouer à l'archéologue pour faire du Mur des lamentations une excroissance de la Mosquée Al-Aqsa, car si le peuple juif n'est qu'une invention du XIXe siècle sous le paradigme occidental de l'Etat-nation, alors la question est réglée. Certains pourront en conclure d'ailleurs qu'il est bien naturel qu'un peuple qui n'existe pas invente à l'infini des légendes pour attester sa pseudo-existence.

Ce n'est pas ici le lieu de dénoncer les confusions, et surtout le caractère naïvement massif de la thèse du livre de Shlomo Sand. Des spécialistes l'ont fait. Il s'agit de l'oeuvre d'un historien autodidacte dont les informations sont de seconde main, qui mêle les approximations à des choses connues, mais qui sont présentées sous l'angle biaisé de découvertes sulfureuses.

Sand présente le fait qu'il n'y a pas de race juive comme une découverte qui fait du peuple juif une invention historique. Mais ce faisant, il confond deux catégories étrangères l'une à l'autre, celle de "race" et celle de "peuple". La tradition d'Israël n'est pas une tradition raciale comme la Bible l'atteste (l'épouse non juive de Moïse, Séphora, Ruth, l'étrangère, ancêtre du roi David), tradition perpétuée par l'actuel Israël, comme tout visiteur peut le constater en admirant dans le peuple juif son extraordinaire pluralité : juifs noirs, jaunes, blancs, orientaux, blonds, bruns... La substitution race/peuple est révélée par le titre : Comment le peuple juif fut inventé... Or tout le livre consiste à vouloir prouver que les juifs actuels ne sont pas "génétiquement" les descendants des Hébreux.

On dira que le peuple juif n'a jamais cessé d'être "inventé" : par Abraham, par Jacob, par Moïse... Mais aussi par chaque juif. Car l'invention même du peuple juif, loin d'être une preuve de son inexistence, est une preuve radicale - irréfutable - de la singularité radicale de son existence propre. Existence fondée sur le principe abrahamique de son invention ou de sa vocation, puisque cette existence est réponse à un appel.

CONCLUSION PERVERSE



Peuple unique en ce qu'il est fondamentalement logocentrique - lié au langage, lié au nom - et textocentrique, lié à un texte : la Torah. Que la filiation soit constitutive du peuple juif ne peut apparaître comme un élément ontologique. Le principe de filiation n'est que la régulation civile de l'existence historique de ce peuple, des conditions de possibilité d'une perpétuation qui autorise son inscription dans le temps chronologique, dans le temps de l'histoire humaine. Voilà pourquoi il y a un peuple juif, voilà pourquoi il n'y a pas de "race juive", même s'il est patent que les Cohen et les Lévy du monde entier ont quelques liens incarnés. C'est ce qu'on peut appeler très simplement la facticité juive : le fait d'être juif.

Le livre de Sand manifeste là l'indigence de son "épistémologie". Sand est un "moderne". Il voudrait devenir le Michel Foucault du XXIe siècle. Il espère, en proclamant que le peuple juif est une "invention du XIXe siècle", reproduire, en le mimant, le Foucault de jadis affirmant que l'homme était "une invention récente". Mais, pour Foucault, il était fondamental, à l'intérieur du discours philosophique moderne même, de réfléchir méthodiquement à cette "invention" dans les savoirs - l'homme - et de la déconstruire.

Or c'est sur ce point que le livre de Sand se révèle vide. Car s'il dénie aux juifs une aspiration, qu'ils n'ont jamais eue comme peuple, à se constituer en race, il ne déconstruit pas la notion de race. Au contraire, il lui confère, à dessein ou non, un statut de vérité qui se donne comme vérité ultime. En effet, la conclusion, proprement perverse, de son livre est d'attribuer au peuple palestinien ce qui a été dénié aux juifs, à savoir qu'ils sont - eux, les Palestiniens - les vrais descendants génétiques des Hébreux originaires !

Cet épilogue est le révélateur de la finalité du livre. On y trouve le principe mythologique de l'inversion dont le peuple juif est la victime coutumière : les juifs deviennent des non-juifs et les Palestiniens les juifs génétiques. On peut, dès lors, en déduire qui est l'occupant légitime du pays. En ne déconstruisant pas radicalement la notion d'héritage génétique, en en faisant, au contraire, bénéficier le peuple palestinien, Sand révèle tout l'impensé qui obscurément pourrit ce qu'il tient pour être une entreprise libératrice. Il montre que la méthode substitutive qu'il emploie est tout simplement mystificatrice, et ce d'autant plus qu'elle voudrait être au service de l'entente entre les ennemis.

Nier l'identité juive est une vieille marotte, aujourd'hui parasite obstiné de la pensée contemporaine. D'où vient ce vertige du négatif ? On l'aura compris en lisant le livre de Shlomo Sand : d'un désir obscur de faire des juifs de purs fantômes, de simples spectres, des morts-vivants, figures absolues et archétypales de l'errance, figures des imposteurs usurpant éternellement une identité manquante. Eternelle obsession qui, loin de s'éteindre, ne cesse de renaître avec, désormais, un nouvel alibi mythologique : les Palestiniens.


Eric Marty est écrivain et critique, professeur de littérature à l'université Paris-Diderot

lundi 30 mars 2009

Les États généraux de la presse écrite ou la grande mascarade libérale



Les patrons de la presse écrite refusent tout débat sur l’avenir de l’écrit aux syndicats de journalistes, pourtant les premiers concernés, depuis de nombreuses années.
Pour justifier leur attitude, ils présentent la perte de lectorat, baisse dans la diffusion et chute de la publicité comme une fatalité.
Ils ont préféré attendre la bénédiction du président de la République ultralibéral pour l’organisation des États généraux de la presse écrite.

Les Etats généraux de la «presse écrite, une grande réunion de patrons, d'éditeurs et si peu de représentants des travailleurs, de journalistes.
Ah oui ! Entre patrons on se comprend et on partage les mêmes ambitions !
Obtenir toujours plus. Plus d'aides, réviser les lois qui, à entendre ces messieurs, entravent le bon fonctionnement de leurs entreprises (loi Bichet), terminer le travail d’éradication de l’organisation syndicale des ouvriers du Livre et de casse du statut du journaliste, notamment.
Pour nombreux de patrons de presse, d'éditeurs et même certains proche de "socialistes de salon", refonder la presse, c'est circonscrire à légitimer leur politique ANTISOCIALE, et la faire entériner par monsieur Sarkozy.

Bref, les États généraux ne visaient ni à redonner de la crédibilité à l’information, ni à remettre en cause leurs politiques éditoriales.
L'unique but est économique.


Les préconisations des États généraux visent à sortir définitivement des règles issues de la Libération et du pluralisme d’idées pour mieux rentabiliser une multiplicité de titres monocolores.
C’est le triomphe de la financiarisation de la presse et une oui, une grave défaite pour notre démocratie.

Bien-sûr, il n'est pas facile d'assumer, surtout quand on est éditeur et que l'on se prévaut d'une certaine gauche, en qui les Français désormais ont du mal à adhérer, notamment pour le manque d'engagement en politique sociale.



Mais en s’en remettant au politique, les patrons de presse ont fait le choix de la soumission.

Les journalistes seront les premières victimes de cette proximité de leurs patrons vis-à-vis de la caste au pouvoir. L'opinion publique, sera l'autre victime qui va finir par perdre ses repères et au final sa confiance dans toute cette masse de médias.

Nicolas Sarkozy, en apportant la caution de la plus haute autorité de l’État à cette mascarade, porte une accablante responsabilité.

Il y trouve un intérêt immédiat pour lui-même, ses visées électorales et arrange à plus long terme ses amis, pour lesquels l’information est une source de profit.
Mais le Peuple n'est pas dupe. Le Peuple est en colère.
La grande majorité des syndicats avaient depuis longtemps mis en exergue les dangers de la concentration, de la précarisation plaçant l’information au rang de produit et donc conduisant à des politiques antisociales pour abaisser les coûts et doper les profits.

C'est le quotidien dans toutes les entreprises de presse, chez de nombreux éditeurs qui n'hésitent pas à pratiquer du dumping social notamment en termes de salaire.
La crise économique dont les salariés ne sont en rien responsables est utilisée comme prétexte pour permettre aux groupes de presse de lancer des plans de réduction d’emplois, virer les CDD, les pigistes... EXPLOITER.
Tant en presse quotidienne que Magazine.
Le journalisme va très mal...
Et si cette profession est sacrifiée, c'est notre démocratie qui souffre, ce sont les citoyens qui n'en peuvent plus.


Des droits d’auteur inaliénables et sécurisés

Le pôle Métiers du journalisme s’est approprié la question des droits d’auteurs des journalistes, excluant ainsi les autres pôles, et notamment celui qui était intitulé Presse et Internet, donnant ainsi la priorité à l’examen global de la problématique, plutôt qu’à un traitement partiel.

A la fin de ses travaux, le pôle présidé par Bruno Frappat a décidé de soutenir les propositions du document baptisé le Blanc, élaboré par le groupe de réflexion des droits d’auteur à l’issue de deux ans de discussions.

Pourtant, en notant que « la débat ne porte que sur la cession du droit patrimonial des journalistes, c’est-à-dire la question de la réutilisation de leurs productions », il se méprend.
Le droit d’auteur est unique ; droit patrimonial et droit moral sont, en effet, indissociables.
Réaffirmer que le droit moral ne saurait être remis en cause relève du vœu pieu.

En effet, on sait que, au quotidien, les articles et photographies notamment, œuvres de journalistes sont déjà soumis à des « retouches » plus ou moins importantes pouvant aller jusqu’à leur dénaturation complète, sans accord de l’auteur !
Le pôle Frappat prétend que « le groupe souhaite cependant dans sa forte majorité que soit mieux explicité le périmètre relevant de la cession automatique des droits » telle qu’elle est prévue par le Blanc.



Le Blanc a défini avec précision la publication de presse à laquelle une cession automatique pourrait être consentie.

Il exclut les groupes, mais il prend soin de laisser éditeurs et syndicats de journalistes régler certaines situations particulières « par voie contractuelle via la négociation collective ».
Les rédacteurs du Blanc n’ont pas envisagé de définition de « périmètres élargis ».
Enfin, le pôle Frappat se déclare « attaché à la pérennisation des accords individuels et collectifs existants et à leur principe » et préconise une « période de transition ».
De plus en plus les délégués syndicaux constatent que les accords individuels ont été le plus souvent imposés aux journalistes lors de la signature de leur contrat de travail, c’est-à-dire quand ils sont les plus faibles, et l'idée du Blanc est d’aboutir à des accords collectifs, soit dans la forme de presse, soit dans l’entreprise, sécurisés par la loi, pour éviter les effets pervers des contrats individuels imposés et restrictifs, voire injustes.

Le Blanc ayant pris soin de préciser que la cession automatique des droits durant la période de référence (à définir par vois contractuelle via la négociation collective) et couverte par le salaire est indissociable de l’existence d’une rémunération garantie aux journalistes en contrepartie des exploitations au-delà de la période de référence, toute autre solution ne saurait recevoir son assentiment.


Internet, la convergence numérique (textes, sons et images avec les mêmes supports) et l’émergence de médias en ligne «pure players » conduisent à bouleversements incontestables dans l’économie des médias, mais également dans la façon de produire de l’information...

La révolution technologique en cours ne doit en aucun cas être un prétexte pour une dérégulation sociale, un affaiblissement des critères éthiques et déontologiques ou pour la recherche des profits maximum grâce aux concentrations et à la marchandisation de l’information sur le web.
La prise de contrôle par des groupes financiers et/ou industriels des entreprises de presse et leur concentration ont en effet instauré une logique commerciale et concurrentielle dans les rédactions. Ce qui prime aujourd’hui dans toutes les entreprises de presse (écrite ou audiovisuelle et Web) ce sont les objectifs de vente (ou d’audience) et les recettes publicitaires.

Le marketing est plus important que la rigueur et la vérification de l’information, sa qualité et sa mise en perspective.
Le conséquence de cette politique éditoriale est la mise en doute de la crédibilité des journalistes.
C'est sans compter avec cette nouvelle logique de la vitesse et de l’instantané, imposée par la multiplication des médias de l’immédiateté, d’une part, et la politique de gestion des rédactions faisant de plus en plus appel à des journalistes précaires.

L'ensemble des journalistes syndicales, engagés au quotidien pour protéger le droit, défendre les plus précaires mais aussi les journalistes en postes, pensent qu’il est primordial et urgent de libérer les journalistes soumis à la pression économique et politique. C’est la raison pour laquelle, les syndicats militent pour la reconnaissance de l’équipe rédactionnelle, reconnaissance assortie de nouveaux droits en matière éditoriale.

Aujourd’hui, dans une société ultralibérale, où l’agenda est fixé par le président de la République et où le profit inscrit les nouvelles donnes de l’ordre social, les problèmes de déontologie ne sont brandis que pour faire diversion.
Ce ne sont pas des des chartes qui vont rendre sa crédibilité à l’information, mais la possibilité donnée aux journalistes pour se libérer des pressions des puissances d’argent.

samedi 21 mars 2009




Messieurs, Mesdames

les députés,

Le projet de loi

« création et Internet » Hadopi est actuellement devant les parlementaires.


Il comporte un volet spécifique concernant l’évolution du droit d’auteur des journalistes.

Ce projet remet en fait le droit d’auteur en question en prévoyant des modifications du

Code de la propriété intellectuelle et du Code du travail.

Les nouveaux articles, s’ils sont votés, transforment et réduisent le droit d’auteur :


- Article L.132-36 : le contrat de travail « emporte cession des droits d’auteur » : donc un journaliste, permanent ou non, devra par exemple écrire pour l’édition papier et le site internet d’un journal sans supplément de salaire.- Article L.132-37 : l’exploitation de l’œuvre du journaliste sur différent supports, dans le cadre du titre de presse défini à l’article L.132-35, a pour seule partie le salaire, pendant une période de référence fixée par un accord collectif, au sens des articlesL. 2222-1 et suivants du Code du travail. - Article L.132-40 : La rémunération de l’exploitation (pour le cas où elles existent) sera versée sous forme de droit d’auteur (régime Agessa)- Article L.132-42 : les droits d’auteur concernés n’ont pas le caractère de salaire (jusqu’à un maximum de 5 % du salaire annuel selon un amendement) : les cotisations ne seront pas versées à l’Urssaf. Pour les patrons, l’économie est importante : les cotisations seront ramenées d’environ 30 % à 1 %.Sous couvert de protéger la création, le projet de loi s’attaque donc en fait au droit d’auteur. Cette loi est conforme aux conclusions des états généraux de la presse préparées par le rapport Giazzi et exprimés par le Livre vert et le président Sarkozy à la mi-janvier.Il est donc indispensable de s’opposer à ce projet de loi.
Appel à la mobilisation de chacun d'entre-nous.


LETTRE OUVERTE AUX DEPUTES /
HALTE AU MASSACRE DE NOTRE PROFESSION DE JOURNALISTE
DEFENDONS NOTRE DEMOCRATIE


Messieurs, Mesdames les députés,


Syndicaliste, je tiens à vous alerter sur le danger pour notre profession de la loi Protection de la Création sur Internet, discutée à l'Assemblée nationale et qui repasse, à la fin du mois, plus connue sous le nom de loi Hadopi.

Je tiens par la présente à vous signifier mon opposition à cette loi, qui non seulement bafoue plusieurs principes de base de notre démocratie, comme la présomption d’innocence
(loi Française, elle-même basée sur l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme), l’obligation de séparation des fonctions judiciaires et administratives (article 13 de la Constitution française voté en 1790), ainsi que bien d’autres irrégularités qui en font dès aujourd’hui une loi d’exception.J'attire aussi votre attention sur la gravité de cette loi concernant les journalistes.
L’article L. 121-8 du Code de la propriété intellectuelle, issu de l’article 36 de la loi n°57-298 du 11 mars 1957 et non modifié depuis l’origine, prévoit que l’auteur d’un article de presse conserve, sauf stipulation contraire, le droit d’autoriser la reproduction ou l’exploitation de son œuvre sur un autre support que celui où elle a été divulguée au public pour la première fois. Il en résulte, en vertu d’une jurisprudence constante, que toute réutilisation, par un titre de presse, d’un article de l’un de ses journalistes sur un support différent – et notamment multimédia – du support d’origine est interdite.
En effet, le contrat de travail n’emporte, par lui-même, aucune dérogation aux droits garantis au journaliste, en sa qualité d’auteur, par le Code de la propriété intellectuelle.

Or, pour nombreux dirigeants d’entreprises de presse, cette situation est devenue selon eux « préjudiciable». Le nouveau modèle économique que prônent les patrons de presse est celui qui tend autour d’une diffusion d’un même contenu sur plusieurs supports, simultanément ou successivement : papier, Internet ou téléphone mobile.
On comprend pourquoi l’article L. 121-8 actuel du Code de la propriété intellectuelle est soumis à modification car l’ensemble des éditeurs ne veut plus recueillir l’accord explicite du journaliste pour chaque réutilisation de ses articles.

Afin de contenter le patronat dans le dessein de moins payer les journalistes, pigistes, auteurs et de contribuer ainsi à la précarisation de la profession, un texte de projet de loi propose de prévoir la possibilité, pour des accords collectifs, de faciliter l’exploitation numérique des œuvres de presse.Il pose notamment le principe selon lequel le contrat liant un journaliste professionnel à une entreprise de presse emporte cession à cette dernière, sauf stipulation contraire, des droits d’exploitation pour tous les supports du titre, dans des conditions déterminées par accord collectif.
Ce dispositif est issu de la très large concertation entre les dirigeants des quotidiens et des magazines durant les États Généraux de la presse écrite, orchestrés par le chef de l’Etat.
Force est de constater que loi Hadopi a été écrite dans l’unique intérêt de l’industrie de la culture et des grands groupes, qui désormais ne sont plus des hommes de presse, mais des financiers, proches, pour beaucoup d’entre eux, du pouvoir en place.

Cette loi menace les droits d’auteur des journalistes, profession garante de notre démocratie sacrifiée sur l’autel de la spéculation financière.
Dans l'entreprise où je travaille (deuxième groupe français en presse magazine), la direction qui a participé aux Etats généraux de la presse écrite,
a proposé un accord d'entreprise ridicule et honteux, nous signalant « qu'il fallait le signer car une loi bien plus dure allait être votée en début d'hiver».
C'est presque chose faite.
Les patrons de presse vont légalement encore plus exploiter les journalistes pigistes.
Notre profession sombre dans une précarité très inquiétante.Mes confrères et consœurs, et on peut facilement le concevoir, vont travailler pour gagner leur pain, assujettis à des hommes qui méprisent les bases de la démocratie, et qui n'ont qu'un objectif : dégager des dividendes pour les actionnaires.
Comment dans de pareilles conditions les journalistes peuvent-ils être les chiens de garde de la République ? Comment les journalistes pourront -ils être les garants de la démocratie alors qu'ils seront muselés et seront victimes du chantage à l'emploi...
Ce qui est déjà malheureusement d'actualité dans de nombreuses entreprises de presse.
Deux députés UMP, Madame Marland-Militello et Monsieur Kert viennent de déposer un amendement (N°1240), le 29 février dernier, au projet de loi Création et Internet concernant les droits d’auteur des journalistes.

L’amendement a été adopté par la commission des affaires culturelles à quelques jours du réexamen du projet de loi à l’Assemblée nationale.
Dans l’exposé sommaire de Madame Marland-Militello et Monsieur Kert, il est clairement noté :
« Il serait logique, voire naturel, que l’éditeur initial puisse utiliser ce travail collectif et donc soit le détenteur des droits sur tous les supports, comme c’est le cas dans d’autres pays, notamment aux États-Unis, sous réserve que cette détention soit clairement encadrée. S’il convient de préserver la législation française très spécifique des droits d’auteurs, elle doit être adaptée à l’environnement actuel. Le principe des droits d’auteurs doit être maintenu, mais également assoupli. C’est aussi l’intérêt des journalistes, qui risquent sinon demain tout simplement de perdre leur outil de travail ! »
Les syndicalistes connaissent cette tactique de chantage à l’emploi qu'utilisent certains patrons malhonnêtes, notamment lors des négociations, des accords collectifs.
Mais le comble, la honte cette fois c'est qu'on retrouve de pareils termes dans un amendement présenté en toute impunité devant le Parlement, et de manière fort discutable, discrètement glissé dans une loi qui fait déjà beaucoup parler d'elle.
Cette loi est un scandale ! L’amendement, qui ressemble étrangement à celui qui avait été déposé au Sénat par M. de Broissia l’été dernier, reprend tous les arguments patronaux exposés par le SPMI et le SPQR dans le rapport de Mme Giazzi et au cours des états généraux de la presse écrite. C’est-à-dire qu’il répond à toutes les exigences patronales et, au bout du compte, nie les nécessaires protections sur les œuvres des journalistes dans un contexte de marchandisation de l’information.C’est aussi clairement noté dans l’exposé du rapporteur :
« Il convient aujourd’hui d’agir. Le présent projet de loi est le bon support pour insérer des dispositions relatives aux droits d’auteur des collaborateurs de la rédaction d’une publication de presse. Cela nécessite d’adapter tant le Code de la propriété intellectuelle que le Code du travail, afin de garantir une plus grande sécurité juridique aux éditeurs de publications de presse ».
Une loi qui organise quasi-incognito une cession des droits aux employeurs sans garanties et contreparties (réf. amendement 1240).Tous les journalistes, pigistes, auteurs sont attachés à la défense du droit d’auteur et à la juste rémunération.
Depuis deux siècles, le droit d’auteur a toujours été destiné à défendre les petits auteurs contre les importantes « machines » à production,
c’est-à-dire les auteurs et les créateurs isolés, à travers leurs sociétés de gestion et de perception, contre les producteurs et les diffuseurs de l’industrie culturelle. Le droit d’auteur doit être respecté.
Nous devons tous nous mobiliser contre cette loi et contre l'attaque faites à tous les auteurs, journalistes...
Notre opposition à cette loi, notre colère doivent être entendues.
Nous vous demandons une rencontre et vous demandons de ne pas voter cette loi.
Je vous prie de croire, Messieurs, Mesdames les députés, à l’expression de mes sentiments respectueux.

mercredi 4 février 2009

La curieuse déontologie du Monde, vis-à-vis de mon grand-père par Alice Blaitberg



Dans son édition du 28 janvier 2009, le journal Le Monde publiait une lettre ouverte au titre accrocheur : « Effacez le nom de mon grand-père à Yad Vashem ».
L'écrit était signé « Jean-Moïse Braitberg, écrivain » et demandait, au nom de « l' humanité » que le nom de son grand-père, Moshé Brajtberg, déporté à Treblinka en 1942, soit effacé du Mémorial Yad Vashem en Israël pour protester contre le comportement « cruel » de l'armée israélienne contre les Palestiniens de la bande de Gaza.
Cette publication m'a choquée pour trois raisons. La première est que mon frère s'est approprié la mémoire de mon grand-père pour défendre ses opinions personnelles sans me demander mon avis ni celui des cousins et cousines avec lesquels nous partageons la même filiation.
La deuxième est que le Monde n'a pas mentionné l'appartenance de Jean-Moïse Braitberg à l'UJFP ?
Union juive française pour la paix- au sein de laquelle il milite depuis plusieurs années.
La troisième étant que, depuis plus d'un mois que l'opération « lead cast » a été lancée, je me suis opposée dans des discussions sur Internet et ailleurs au même type d'argument que développe mon frère dans sa lettre ouverte .
C'est précisément cette troisième raison qui me pousse à réagir publiquement alors que sur le premier point j'ai demandé un droit de réponse au directeur du « Monde » sans réponse de sa part à ce jour.
Je suis fondamentalement pacifiste, au sens littéral du terme ; je récuse toute forme de violence. Je suis évidemment horrifiée par les conséquences de l'offensive israélienne sur la population de Gaza et je suis choquée par les conséquences des attaques palestiniennes contre Israël.
Je ne les compare pas. Ma position, dans ce terrible conflit qui dure depuis trop longtemps et de soutenir toutes les initiatives qui vont dans le sens de la paix, de l'apaisement et du « vivre ensemble ».
C'est pourquoi j'ai été bouleversée par le déversement de haine sur le sol de mon propre pays, au prétexte de défendre la cause palestinienne.
Je dis bien « au prétexte » car nous sommes malheureusement témoins trop souvent de toutes sortes de guerres et de massacres qui ne déclenchent pas les mêmes passions que la guerre entre les Israéliens et les Palestiniens.
Il s'agit en fait d'une guerre millénaire, tantôt larvée, tantôt ouverte, entre Chrétiens, Juifs et Musulmans. Il s'agit en réalité d'une guerre de religions qui puise ses ressources dans le fanatisme de convictions intimes qui devraient demeurer intimes.
Un des fondements de cette laïcité dont notre République s'honore est précisément de séparer la sphère des croyances personnelles de celles des règles publiques. Vivre ensemble, c'est s'accorder sur des principes communs pour pouvoir jouir de sa liberté intime. L'anarchiste Bakounine a justement dit : « La liberté des autres étend la mienne à l'infini ».Or, depuis un mois, les lois, les règles et les usages qui régissent notre société ont été largement transgressés et bafoués sans que nos autorités publiques et morales interviennent clairement et énergiquement, laissant le chaos distraire notre peuple de ses misères quotidiennes.
Les insultes antisémites, les appels à la haine, les injures racistes et sexistes, les calomnies, les allégations mensongères, la désinformation, la mauvaise foi, la propagande et les mensonges par omission se sont disséminés et infiltrés dans tous les médias sans exception, qu'ils soient professionnels ou amateurs comme les forums électroniques. Il est tout de même curieux que autant de propos susceptibles de porter atteinte
à « l'ordre public » n'aient pas été sanctionnés par les autorités compétentes.
Pour ma part, je pense que ce qui paralyse les pouvoirs publics est la pensée « politiquement correcte » qui domine notre société profondément marquée par le catholicisme et sa dépendance, en tant que « Fille aînée de l'Église », du Vatican. Cette dépendance que le président Sarkozy s'est empressé de renforcer en se précipitant à Malte à peine élu et en se faisant adouber par le Pape, chanoine de Latran, en grande pompe.
La France est profondément, culturellement antisémite, le Juif occupant une place de choix dans sa parano quotidienne, son besoin de désigner un bouc émissaire pour renforcer l'unité nationale.
Cet antisémitisme, passif la plupart du temps, redevient actif à la moindre occasion. Son économie est très simple, elle vise à masquer les véritables pouvoirs politiques et financiers qui sont aux mains du Vatican et de ses relais occultes, l'Opus Dei et l'Ordre de Malte.
Ce dernier a dépensé en 2006, 900 millions de dollars, provenant en majorité de fonds publics. L'ordre de Malte met en avant son activité hospitalière pour détourner l'attention de son activité diplomatique très importante en tant qu'Ordre souverain siégeant aux Nations-Unis, accueillant les ambassadeurs de 102 pays, avec une représentation diplomatique à la Commission européenne et dans les principales capitales européennes.
L'ordre de Malte, fondé par les Croisés au XIème siècle a pour devise "Tuitio Fidei et Obsequium Pauperum", protection de la foi et service des pauvres » .
Ces mêmes Croisés qui, au nom de la foi ont massacré moult Juifs et Musulmans sur leur passage.
L'habileté diplomatique de l'Ordre souverain de Malte aujourd'hui consiste à contrôler la « Terre sainte » en noyautant les pays qui représentent à ses yeux le « berceau de la Chrétienté » : « la Terre sainte avec les pays de la Méditerranée orientale, le Liban, la Jordanie, la Syrie et l'Irak ». On notera qu'Israël, comme la Palestine, ne figurent pas dans la liste sinon sous le vocable « Terre sainte ».
Connaissant la réputation de subtilité diplomatique du Vatican à travers les âges, on ne peut douter de sa position qui serait de jouer l'islam contre le judaïsme, les Arabes contre les Juifs et les Palestiniens contre les Israéliens. Il n'est certainement pas neutre que la grande majorité des naissances palestiniennes se déroulent à l'Hôpital Saint Jean de Bethléem. Et comme j'ai mauvais esprit, j'irai jusqu'à suggérer que ce n'est sûrement pas dans cette maternité qu'on donne des conseils de régulation de naissances aux mères Palestiniennes, chair à canon oblige ?
Je me pose la question de comprendre pourquoi Le Monde a failli aux règles de déontologie journalistique en ne s'assurant pas que tous les descendants de Moshé Brajtberg approuvaient la requête publique de Jean-Moïse Braitberg et pourquoi il n'a pas mentionné sa qualité de militant de l'UJFP dont il exprime l'exacte idéologie.
Je ne voudrais pas accuser ce grand journal de lâches concessions vis-à-vis d'un lectorat en diminution, qu'il faudrait retenir à tout prix, et qui serait, dans sa majorité, favorable à ce que l'on fit feu de tout bois au nom du prêt à penser pro palestinien. Et pourtant, je crains que le journal
Le Monde n'échappe pas au conditionnement de la pensée, tout comme l'ensemble de la gauche chrétienne à laquelle le groupe Le Monde est lié par La Vie (anciennement « La vie catholique illustrée », le réseau de libraires religieuses « La Procure » (dont il vient seulement de se délester), « Le monde des religions », « Prier » et les éditions Desclée de Brouwer ( éditions chrétiennes).
Pour Le Monde publier la lettre ouverte d'un Juif outragé par le « nazisionisme » israélien tombait on ne peut mieux pour conforter son
« politiquement correct. De même, les autres Juifs qui désavouent la politique israélienne font le bonheur de tous ceux qui ont quelque intérêt à mener la guerre sainte. Le Groupe Le Monde vient de publier dans Télérama (origines catholiques également ) une interview de Shlomo Sand , cet historien israélien dont le récent ouvrage « Comment le peuple juif fut inventé » (Fayard, Paris, 2008) fait un tabac dans la mouvance pro palestinienne.
Le lobby catholique romain soutient aussiAIC ( Alternative news center,), association pro palestinienne basée à Jerusalem et financée par des organismes catholiques comme Diakona, CCFD, ICCO et Associazione Communita Papa Giovanni XXIII, etc.. qui s'est fait connaître à travers le dissident israélien Michael Warshawski auteur d'un billet véhément : « Non, non et non ! ? »
Mon analyse est évidemment circonstanciée puisque je suis personnellement impliquée à travers ma filiation, ma mémoire familiale et mes engagements personnels et que Le Monde a participé de cette interpellation. Toutefois, mon point de vue n'est pas exclusif d'autres regards qui privilégieraient, dans l'analyse du pro palestinisme qui sévit en France, l'impérialisme américain, la lâcheté des pays arabes, la montée de l'intégrisme musulman dans le monde, la culpabilité post coloniale de la France de gauche et son besoin de rassembler ses troupes, la crise économique mondiale, le besoin pour le Vatican d'arrêter l'hémorragie catholique en Europe, de même que l'orientation militaire d'Israël de la défense à l'occupation et critiquée par des Israéliens eux-mêmes, etc. etc.
En conclusion, je demanderai à nos citoyennes et citoyens de ne pas se laisser assommer par l'arbre qui cache la forêt.

http://www.ripostelaique.com/IMG/article_PDF/La-curieuse-deontologie-du-Monde.pdf

Ils sont partout !Les sémites, les antisémites et moi par Guy Sitbon


L’antisem, l’anti-antisem, Causeur en a ras la casquette. 93,7 % de l’espace public en est saturé, on n’en peut plus, ça suffat comme ci. Voilà mille ans que je et d’autres le pensent, la Lévy s’y met et pourtant ça ne va pas s’arrêter là, le four va continuer à chauffer, chauffer.
Il lève le doigt et il demande, pourquoi ? Pourquoi qu’on ne parle que d’eux, en bien, en mal et en voiture ? Prenez Obama, s’il y en un qui n’a rien à voir avec tout ce binz c’est bien lui, le pauvre. Pas un arrière-arrière petit cousin qui le soit. De ce côté-là, blanc comme neige l’Obama, innocent comme l’innocence. Fouillez ses origines, depuis Adam, pas une kipa à se reprocher. Un type, comment dire… normal. Eh bien, vous le croirez ou pas, ils l’ont embringué. La première à le détecter à Chicago c’est une Esther Goodman (un nom de ce genre). Elle a alerté son pote David Axelrod, prospère négociant en politique qui a pris par la main le nationaliste noir surdoué jusqu’à la Maison Blanche. Ajoutez-y Rahm Emmanuel, sous-officier à Tsahal en cas d’urgence, fils d’un sectateur de l’Irgoun, aujourd’hui numéro deux à Washington et vous n’en aurez pas fait le tour. Ils pullulent autour d’un Barack Hussein qui dans sa jeunesse devait mettre Ben Gourion et Goering dans le même sac. Alors là, une supposition, vous êtes un Français normal ou un Arabe ou un Patagon, vous vous grattez la tête. Ok, chez vous, pas un virus d’antisem visible au microscope, mais, ne me dites pas, y a un lézard. Pourquoi eux et pas les Arméniens, les Finlandais, les Gitans ? Pourquoi eux ? Toujours eux ? Forcément, ça jase.
Les intellos dans ce pays, on les ramasse à la pelle. Universités, journaux et éditeurs ne savent plus qu’en faire. Mais au podium, ils ne sont que trois : BHL, médaille d’or, Finkielkraut et Gluksmann. Il aurait pu y en avoir un qui ne le soit pas. Il aurait pu… mais tous les trois le sont. Coïncidence ? On ne relève pas mais on tousse.
Notre diplomatie ? Rien de plus vieille France, n’est-ce pas ? Deux hommes à la barre. L’un, le président, l’est par la mère, l’autre, le ministre, par le père. Et je vous dis pas aux échelons inférieurs.
DSK ou Fabius auraient pu se trouver face à Sarko en 2007. Vous voyez le spectacle avec El Kabbache intervieweur ? Et Madoff ? Et le procès du Sentier. Et tous ces mafieux réfugiés à Tel Aviv ? Je ne vais pas vous infliger l’annuaire de la juiverie, ce serait limite équivoque et franchement de mauvais goût. Mais l’annuaire, ne vous la racontez pas, ils l’ont tous en tête. Et quand je dis ils, je pense vous, et malheur à moi, je pense moi. Le mauvais goût étant la chose au monde la mieux partagée, vous imaginez un peu tout ce que les gens ruminent, tout ce qu’ils se gardent pour eux. Je serais les gens, je bouillerais.
Dieu n’existe pas mais, grâce à Dieu, Israël existe. C’est un Etat comme un autre, non ? On a bien le droit de le « critiquer », non ? Un gouvernement criminel, assassin d’enfants, de vieillards, de femmes. Les faits sont parfaitement documentés, établis par la Croix-Rouge, des Israéliens honnêtes le reconnaissent eux-mêmes. Cet Etat doit être mis au ban des nations, ses dirigeants et ses soldats sanguinaires trainés devant les tribunaux et justement châtiés.
Israélites et Israéliens (appelez les comme vous voudrez, moi je confonds toujours) aiment Israël. Ils ne devraient peut-être pas mais les sentiments, vous savez, c’est comme la bandaison, ça ne se commande pas. Ils trouvent que les Autres y vont un peu fort. Les Autres y voient complicité pour ne pas dire collusion criminelle. Rien de plus logique.
La Russie a arraché à la Finlande, en 1945, la Carélie, le cœur sacré de la nation. Tous les Finlandais ont été expulsés de cette région peuplée désormais exclusivement de Russes. Vous avez entendu parler de la Carélie ? La Finlande est devenue un modèle de modernité (Nokia) et ne veut à aucun prix récupérer la Carélie même si on lui en fait cadeau. Trop de Russes. L’Azerbaïdjan musulmane a été amputée du quart de son territoire, le Nagorny-Karabakh au profit de l’Arménie en 1993. Tous les Azéris ont été virés. Vous situez le Nagorny-Karabakh ? Les Chinois ont barboté à la Malaisie musulmane la région de Singapour et en ont fait un pays somptueux. Les Malais n’ont eu qu’à s’en féliciter et ont tiré profit de l’essor singapourien. Un problème ? On peut recenser deux, trois douzaines de Palestine rien que sur notre planète. Aucune ne bouleverse les cœurs. Seul le mouchoir qu’ont investi les juifs (sûrement à tort), s’est incrusté sur la conscience universelle comme un meurtre déicide. Pas une âme qui n’ait son opinion sur la question, une opinion raisonnable : les juifs sont des tueurs d’enfants, chaque jour est là pour le prouver. On ne rappelle pas leur antique tradition infanticide, ce serait malpoli. Ce qu’on reproche à l’Etat juif, ce n’est pas d’être un Etat, c’est d’être juif.
Freud avait tout compris : le problème c’est le refoulement. L’antisémitisme hantait depuis des siècles l’esprit européen. S’il n’avait pas mal tourné avec Hitler il prospérerait encore, n’en doutez pas. Après les procès de Nuremberg, il est devenu délinquant, déshonorant écrivait Bernanos. On n’a tout simplement plus le droit d’être antisémite, vaut mieux être pédophile qu’antisémite. Et, effectivement, il a disparu du paysage.
Sérieusement, vous croyez que ces choses-là s’envolent par magie sous l’effet du verdict d’un tribunal mal embouché ? Matériellement, physiquement impossible. On l’est mais on ne veut pas l’être et on croit vraiment qu’on ne l’est pas donc on ne l’est plus mais on le reste et, pour traiter ce syndrome, depuis le décès du docteur Sigmund, la médecine de qualité se raréfie. Ne vaudrait-il pas mieux laisser les gens lâcher ce qu’ils ont sur le cœur. Plutôt que de m’accuser d’avoir égorgé mille trois cents mouflets en trois semaines, qu’ils m’assènent franco : Ta gueule ne me revient pas, casse-toi tu pues. Là, il y a de quoi causer. Peut-être qu’on n’arrivera pas à s’entendre et qu’il me faudra aller voir ailleurs si j’y suis, mais au moins je saurai pourquoi. La dernière fois que, pour le même motif, j’ai eu à m’expatrier, je n’y ai rien compris. Cette fois, on vit en démocratie, j’aimerais mieux qu’on s’explique. Pour le plaisir de la conversation.


mardi 3 février 2009

ELECTIONS ISRAELIENNES, Netanyahou, Livni et Barak sur la deuxième chaîne


Les trois principaux candidats en course pour les élections législatives Benyamin Netanyahou, Tsipi Livni et Ehoud Barak
se sont prêtés au jeu des questions-réponses posées par des internautes de la 2e chaîne de télévision israélienne.
Pour chaque question, le candidat avait 45 secondes pour formuler une réponse.

Un bref aperçu des principales déclarations et les promesses formulées à l'égard de l'électorat israélien.


Le premier invité est le chef de l’opposition Benyamin Netanyahou.
Dès le début, il revient sur le passé et souligne avoir « quitté le gouvernement d’Ariel Sharon au moment où celui-ci a procédé au retrait de la Bande de Gaza. Je ne conduirai pas d’autre retrait comme celui-ci ».
En 2005, Netanyahou c'était farouchement opposé au retrait de Gaza.
Une décision qui avait été prise à l'époque pour tenter une énième négociation de paix.
S’exprimant sur les conditions de vie de la population arabe israélienne, il a assuré vouloir
« investir dans plus de cinquante sites culturels. Mais la culture commence par l’éducation. Dans l’Etat d’Israël que je conçois, les enfants n’apprennent pas la ‘Naqba’ mais plutôt l’héritage israélien. Et dans mon gouvernement, le ministre de la Culture se lèvera et chantera l'Hatikva".
Une phrase qui n'est pas anodine et qui visait directement l’actuel ministre de la Culture et des Sports Ghaleb Majadle. Avant de céder sa place au candidat suivant, il a affirmé que « la menace iranienne serait sa première priorité".

"L’Iran n’aura pas la bombe atomique. Si je suis élu je formerai un gouvernement avec tous les partis sionistes pour relever les défis qui sont face à nous ».
Netanyahou sait que la question iranienne inquiète l'opinion israélienne, qui est bien consciente que l'Iran est l'un des principaux soutient du Hamas. Une délégation du Hamas, conduite par le leader terroriste Khaled Meshaal, s’est rendue d'ailleurs ce lundi à Téhéran dans le cadre d’une tournée régionale visant à renforcer le mouvement palestinien après la guerre menée contre Israël. Une visite qui intervient alors qu’un proche du pouvoir iranien a publiquement avoué l’implication de son pays dans l’armement du Hamas. Israël et les Etats-Unis ont accusé l’Iran de fournir des armes, de l’argent et des formations militaires aux terroristes du Hamas à Gaza. Des accusations réfutées jusqu’à présent par la République islamique qui affirmait se contenter d’un soutien moral et politique.

Pourtant, Hossein Shariatmadari, représentant de l’Ayatollah, a déclaré le 1er février lors d’une conférence à l’Université de Téhéran qu’il faut « briser le tabou de l’armement de la résistance à Gaza ».

Le ministre de la Défense Ehoud Barak a été le second candidat à répondre aux questions.

Répondant à une question poignante d’un internaute qui lui demandait "pourquoi est-ce que le gouvernement avait oublié Guilad Shalit" ?, il a assuré que « nous n’oublions pas Guilad, pas un seul instant. Les chances de le voir libérer ont augmenté depuis la fin de l’opération militaire à Gaza. Nous ne négligeons pas cette question » (...) « Toutefois je ne pense pas qu’il pourra être libéré avant les élections, peut-être avant le départ d’Ehoud Olmert. Pour y arriver il faut prendre des décisions difficiles et je suis prêt à le faire ».
La question de la libération du soldat franco-israélien est aussi une question sensible car en Israël Guilad est le symbole de cette jeunesse qui sans en avoir le choix peut être mobilisée pour la guerre dès l'âge de 18 ans laissant les parents la majorité du temps complètement dépourvus. Interrogé sur la situation dans le sud d’Israël et sur sa réaction si le Hamas ne respectait pas la trêve et continuait à envoyer des roquettes il a répondu :
« Le Hamas a été frappé un grand coup. Nous faisons tout ce qui est actuellement possible pour stopper définitivement les tirs de roquettes sur Sdérot. S’ils essaient encore de nous provoquer, ils risquent de souffrir énormément. Il ne faut pas oublier que la menace ne s’arrête pas là et qu’elle va jusqu’en Syrie et en Iran ».
Avant de quitter l'émission il a ajouté qu’il avait les capacités d’être Premier ministre, mais que s’il n’était pas élu, il travaillerait au service d’Israël dans l’opposition et que cette idée ne le dérangeait pas.

Le tour est ensuite venu de la ministre des Affaires étrangères et également chef du parti centriste Kadima.
Tsipi Livni qui était la dernière à prendre la parole, s'est exprimée sur les conséquences du retrait de Gaza en 2005. Elle est revenue sur les conditions dans lesquelles vivent les délogés du Gush katif depuis le démantèlement. Tsipi Livni a assuré que si elle est élue, elle travaillerait activement à l'amélioration de la vie de ces populations.

« Le retrait n’était pas une erreur. J’ai pris une décision difficile en soutenant ce retrait. C’était difficile de demander à des citoyens d’Israël de partir de chez eux mais c’était juste. Imaginez ce qui aurait pu se passer lors de l’opération militaire à Gaza si des civils israéliens y vivaient toujours ? ».
À la question d'un internaute qui lui demandait si elle envisage d'annuler les budgets des yéshivot, les écoles talmudiques la chef du parti Kadima a assuré que non.
« Mais j’envisage de promouvoir une législation qui récompense les personnes qui contribuent à la nation via le service militaire obligatoire, par exemple», a-t-elle confirmé.
La ministre des Affaires étrangères ne veut pas diminuer les subventions des écoles talmudiques, craignant sûrement une levée de boucliers chez les orthodoxes (qui refusent pour la plupart de faire le service militaire).
Dans le même temps, elle a affirmé ne pas être opposée à l’idée de siéger dans un gouvernement avec le parti orthodoxe séfarade Shaas.

« Si le Shaas accepte le programme que je décide, ils peuvent parfaitement intégrer mon gouvernement. Du moment qu’ils n’essaient pas comme dans le passé d’extorquer de l’argent ou qu’ils ne me demandent pas de cautionner la discrimination envers les femmes dans les tribunaux rabbiniques » a-t-elle précisé.

Répondant enfin à la question d’un jeune Israélien choqué du traitement réservé aux civils de la bande de Gaza, elle a soutenu la politique du gouvernement.

« Les résidents de Gaza ont fait un choix. Ils ont élu le Hamas. Israël doit se défendre contre le terrorisme et continuera de le faire. Je n’ai pas l’intention de signer un accord avec le Hamas. Je signe des accords avec ceux qui reconnaissent notre existence et qui ne soutiennent pas le terrorisme. Tsahal continuera d’aller chercher les terroristes là où ils se trouvent, même si malheureusement, cela signifie que des enfants et des femmes seront blessés ».

Comme l'analyse le journaliste Gil Mehaely :"Chef d’un parti qui deviendra très probablement le plus grand après les élections, “Bibi” Netanyahu pourrait facilement former une coalition classique avec les partis de droite, mais celle-ci ne peut accoucher que d’un gouvernement dépourvu de toute marge de manœuvre politique."
Autrefois, il n’aurait pas eu d’autre choix, dans la nouvelle configuration qui sortira des urnes, d’autres options pourraient être ouvertes, en particulier celle d’une “grande coalition” Bibi-Barak-Livni. "Et après tout, au-delà des apparences, la rupture ne serait pas si grande. Depuis qu’il est devenu en 1977 un parti de gouvernement, le rôle historique du Likoud aura été de légitimer et d’imposer les solutions conçues et envisagées par les courants pragmatiques du sionisme après avoir gagné des élections en promettant bien entendu le contraire. Pour la première fois depuis longtemps, un leader de la droite israélienne pourrait regarder ses électeurs dans les yeux, leur dire “je vous ai compris” et puis faire comme qui vous savez.
http://fr.youtube.com/watch?v=eGFpO5-3IFI